Vue aérienne panoramique de Lisbonne montrant la densité urbaine et le fleuve Tage, illustrant la pression immobilière au Portugal en 2026.
Le Portugal est le Second pays de l’UE avec la plus forte hausse du logement (+24,1%)

Le marché immobilier portugais traverse une phase sans précédent. Selon les dernières analyses de Pordata publiées en février 2026, le Portugal se classe désormais comme le deuxième pays de l’Union européenne ayant connu la plus forte augmentation des prix de l’immobilier depuis 2020, avec une progression fulgurante de 24,1%.

Ce chiffre place le pays juste derrière la Grèce (+29%) et confirme un ressenti de terrain de plus en plus pesant à Lisbonne, Porto et en Algarve : se loger est devenu le défi majeur de la décennie.

Une surévaluation record pointée par Bruxelles

Au-delà de la hausse brute des prix, c’est la déconnexion avec la réalité économique qui inquiète les institutions. La Commission européenne estime désormais que l’immobilier au Portugal est surévalué de 25%, le taux le plus élevé de toute l’Union.

Cette situation est le résultat d’un « cocktail explosif » :

  • Une offre de logements bloquée : Les permis de construire résidentiels ont chuté de près de 22% par rapport à la décennie précédente.

  • Une demande internationale soutenue : Le Portugal reste la destination numéro 1 pour l’immigration en Europe, avec une croissance de 34,3% des résidents étrangers entre 2012 et 2023.

  • La pression touristique : Dans certaines zones urbaines, l’hébergement local (AL) représente jusqu’à 20% du stock de logements disponibles.

Le paradoxe du pouvoir d’achat

Le rapport de Pordata met en lumière un contraste frappant : si les prix de l’immobilier grimpent, le pouvoir d’achat des résidents stagne. Le Portugal possède actuellement le 6ème pouvoir d’achat le plus bas de l’UE.

Alors qu’un salaire moyen au Luxembourg permet d’acheter 24 paniers de biens essentiels, le salaire moyen portugais (environ 1 054 € en 2023) n’en permet que 11. Cette divergence crée un marché à deux vitesses : les segments « premium » portés par le capital étranger et les investisseurs, face à un marché locatif local devenu inaccessible pour une grande partie de la population active et des étudiants.

Illustration de la newsletter Portugal Insider avec un tramway jaune de Lisbonne, un pastel de nata, un café et un cadre en azulejos bleus.

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Vers un plan d’urgence européen pour 2026

Face à cette crise qui touche particulièrement les jeunes — dont beaucoup ne peuvent quitter le domicile parental qu’après 30 ans — l’Union européenne a lancé un Plan pour le logement abordable.

Ce plan, qui impactera directement le marché portugais dès cette année, prévoit :

  • La construction de 650 000 nouveaux logements par an à l’échelle de l’UE.

  • La simplification des règles de construction et des permis pour accélérer l’offre.

  • La régulation accrue de l’hébergement local (Airbnb) pour redonner de la transparence au secteur.

  • Le contrôle des aides d’État pour faciliter l’investissement public dans le logement social.

Un indicateur à surveiller de près

Le constat de la Commission européenne est sans appel : le logement est devenu le principal frein à la qualité de vie et un facteur croissant de risque de pauvreté au Portugal. Bien que la croissance économique du pays soit l’une des plus fortes de la zone euro (+40% de PIB nominal par habitant entre 2020 et 2024), le coût de l’habitat absorbe désormais une part disproportionnée des revenus.

Le défi pour les années à venir sera de stabiliser ces prix sans freiner l’investissement, tout en répondant à l’urgence sociale d’une population locale dont le premier poste de dépense est, de très loin, le loyer ou le crédit immobilier.

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